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Comprendre les dosages : actif, matière première, dose élémentaire et extrait standardisé

Science Eclo
Matière première · actif · VNR · standardisation
300 mg ?de quoi exactement ?

En bref. Deux compléments peuvent afficher « 300 mg » et ne pas du tout apporter la même chose. Un chiffre peut désigner la masse d’une matière première, la quantité d’un nutriment élémentaire, la dose d’un extrait botanique ou la masse d’un ingrédient standardisé. Pour comparer correctement, il faut toujours demander : 300 mg de quoi, sous quelle forme, apportant quelle quantité du nutriment ou du marqueur concerné, et à quelle dose l’ingrédient a-t-il réellement été étudié ?

Pourquoi les milligrammes peuvent-ils tromper ?

Le milligramme est une unité de masse. Il ne décrit ni la concentration, ni la biodisponibilité, ni la standardisation, ni le niveau de preuve. Comparer des compléments uniquement sur la taille du nombre imprimé conduit donc facilement à des erreurs.

Une formule peut utiliser une forme minérale contenant seulement une fraction du nutriment élémentaire, un extrait végétal standardisé sur un marqueur, ou un ingrédient de marque dont l’essai clinique a utilisé une dose précise. Dans chacun de ces cas, le même « mg » répond à une question différente.

Les six notions à distinguer

Notion Ce que le chiffre signifie Question à poser
Masse de matière première Poids total du composé ou de l’ingrédient ajouté Quelle est sa composition réelle ?
Dose élémentaire Quantité du minéral/nutriment dans son composé Combien de magnésium, zinc, etc. sont réellement apportés ?
Dose d’extrait Masse de l’extrait botanique Quelle partie de plante, quel procédé, quel profil de composition ?
Standardisation Teneur garantie en un ou plusieurs marqueurs Le marqueur est-il seulement un indicateur de composition ou a-t-il lui-même été relié au résultat étudié ?
VNR Pourcentage d’une valeur nutritionnelle de référence d’étiquetage Ne pas la confondre avec une dose efficace ou une limite maximale
Dose étudiée Quantité testée dans un protocole précis L’ingrédient, la dose et la population correspondent-ils au produit et à la question posée ?

Exemple 1 : 562,5 mg de bisglycinate ne sont pas 562,5 mg de magnésium

Dans un sel ou un chélate minéral, le magnésium représente seulement une fraction de la masse totale. Ressource™ apporte 562,5 mg de bisglycinate de magnésium TRAACS® / Albion®, correspondant à 56,25 mg de magnésium élémentaire. Régénère™ apporte 300 mg de bisglycinate, correspondant à 30 mg de magnésium élémentaire.

Produit Matière première Magnésium élémentaire VNR
Ressource™ 562,5 mg de bisglycinate 56,25 mg 15 %
Régénère™ 300 mg de bisglycinate 30 mg 8 %

Pour comparer l’apport nutritionnel en magnésium, la quantité élémentaire est la donnée centrale. Le poids du bisglycinate reste utile pour documenter la matière première, mais il ne doit pas être présenté comme s’il s’agissait de magnésium pur.

Exemple 2 : 30 mg de safran standardisé à 0,40 % de safranal

Un extrait de safran à 30 mg standardisé à 0,40 % de safranal correspond théoriquement à 0,12 mg de safranal, soit 120 µg : 30 mg × 0,004 = 0,12 mg.

La standardisation garantit ici un paramètre défini de composition d’un lot à l’autre. Elle ne signifie pas que le safranal est l’unique molécule responsable d’un effet ni que deux extraits de safran à 30 mg sont cliniquement interchangeables. Partie de plante, procédé, crocines et autres caractéristiques peuvent différer.

Exemple 3 : 200 mg d’ExceptionHYAL® Star

ExceptionHYAL® Star illustre une autre logique : les 200 mg correspondent à la dose quotidienne de la matière première d’acide hyaluronique utilisée par Eclo. Un essai publié a précisément évalué 200 mg/jour d’ExceptionHYAL® Star pendant 28 jours dans un protocole randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo chez 60 femmes présentant des signes légers à modérés de vieillissement cutané.

L’information forte n’est donc pas seulement « 200 mg », mais la correspondance identité de l’ingrédient + dose + protocole. Un autre acide hyaluronique à 200 mg n’est pas automatiquement équivalent.

Exemple 4 : Reggenerate™ à 300 mg

Reggenerate™ est une matière première issue de membrane de coquille d’œuf. Eclo l’utilise à 300 mg/jour dans les produits concernés. Pour interpréter le niveau de preuve, il faut vérifier si les données citées portent bien sur Reggenerate™ à une dose comparable et distinguer publication scientifique accessible et étude propriétaire fournisseur.

Le chiffre 300 mg ne peut pas être comparé directement à plusieurs grammes de peptides de collagène d’une autre origine comme si seule la masse déterminait l’effet. Composition, matrice, procédé et littérature sont différents.

Exemple 5 : SkinAx²™ à 150 mg

SkinAx²™ a été évalué dans une étude humaine publiée en 2016 chez 35 femmes de 40 à 70 ans présentant un teint terne. La dose était de 150 mg/jour pendant huit semaines. L’étude était ouverte, sans groupe placebo : chaque participante servait de contrôle à elle-même. Les auteurs rapportaient notamment une augmentation de 25,9 % de la luminosité mesurée et une diminution globale de 18,0 % des imperfections faciales évaluées dans le protocole.

Cette publication apporte une donnée humaine directement liée à SkinAx²™, mais son design impose une prudence supérieure à celle d’un essai randomisé contrôlé. L’étude a été financée par Activ’Inside, fournisseur de SkinAx²™, et les trois auteurs étaient affiliés à Activ’Inside.

Exemple 6 : Céramosides™ à 30 mg

La littérature sur le complexe de lipides polaires de blé illustre qu’une faible masse de matière première peut être la dose entière d’un protocole. Dans l’essai randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo publié en 2017, la forme poudre WPLC-P était donnée à 30 mg/jour pendant 60 jours. Les résultats portaient sur hydratation, TEWL, élasticité, rugosité et autres paramètres cutanés.

Un nouvel essai randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo publié en 2024 a de nouveau étudié un complexe de lipides polaires de blé chez des femmes avec peau sèche et signes légers à modérés de vieillissement. La leçon méthodologique reste la même : 30 mg d’un extrait défini ne se comparent pas à 30 mg d’une autre substance uniquement par leur masse.

Qu’est-ce qu’une VNR ?

La valeur nutritionnelle de référence sert à contextualiser les apports de vitamines et minéraux dans l’étiquetage alimentaire européen. 100 % de VNR signifie que la portion apporte l’intégralité de la valeur de référence utilisée pour cet étiquetage.

Une VNR n’est ni une dose minimale d’efficacité, ni une limite maximale de sécurité, ni un besoin individuel précis, ni une garantie de bénéfice clinique. Les limites supérieures de sécurité, lorsqu’elles existent, relèvent d’un autre cadre scientifique.

Quand une allégation européenne peut-elle être utilisée ?

Les allégations nutritionnelles et de santé sont encadrées. La simple présence d’un nutriment dans la liste d’ingrédients ne suffit pas : le produit doit satisfaire les conditions d’utilisation de l’allégation. Le règlement (CE) n° 1924/2006 encadre ces allégations ; le règlement (UE) n° 432/2012 établit notamment une liste d’allégations de santé autorisées.

Eclo distingue donc quantité présente, % de VNR et éligibilité réglementaire à une allégation.

Une dose utilisée dans une étude est-elle la « dose minimale efficace » ?

Pas nécessairement. Un essai montrant un résultat à 200 mg documente ce qui s’est produit dans ce protocole à 200 mg. Il ne démontre pas que 199 mg seraient inefficaces, ni que 400 mg seraient deux fois plus efficaces. Pour établir une relation dose-réponse, il faut des données qui comparent réellement plusieurs doses.

La formulation « dose étudiée » est donc généralement plus exacte que « dose efficace prouvée » lorsqu’aucun seuil d’efficacité n’a été caractérisé.

Pourquoi les ingrédients brevetés ou de marque peuvent-ils être utiles ?

Un nom de marque n’est pas une preuve d’efficacité. Il peut faciliter la traçabilité : spécifications, procédé, standardisation, contrôles analytiques et possibilité de vérifier si la matière vendue correspond à celle étudiée. Cette correspondance est un avantage méthodologique, pas une autorisation à reprendre toutes les revendications du fournisseur.

La règle Eclo pour comparer deux formules

  1. Comparer l’identité des ingrédients.
  2. Comparer leur forme chimique ou botanique.
  3. Comparer la quantité pertinente : dose élémentaire, dose d’extrait ou dose de l’ingrédient étudié.
  4. Vérifier la standardisation et ce qu’elle signifie.
  5. Comparer la dose du produit à la dose du protocole correspondant.
  6. Ne jamais utiliser le seul nombre de milligrammes comme score de qualité.

Ce que l’on sait — et ce que cela ne permet pas de conclure

  • Documenté : masse de matière première et dose élémentaire peuvent être très différentes.
  • Documenté : une standardisation définit mieux une matière première, sans rendre tous les extraits équivalents.
  • Documenté : les VNR sont des valeurs de référence d’étiquetage, pas des seuils universels d’efficacité.
  • À ne pas extrapoler : une dose étudiée n’est pas automatiquement une dose minimale efficace.
  • À ne pas extrapoler : plus de milligrammes ne signifie pas automatiquement plus de bénéfice.

Questions fréquentes

500 mg d’un ingrédient sont-ils forcément « plus forts » que 100 mg d’un autre ?

Non. Les milligrammes comparent une masse, pas la puissance biologique de deux substances différentes.

100 % de VNR signifie-t-il « dose optimale » ?

Non. La VNR est une référence d’étiquetage. Elle n’est ni un seuil d’efficacité clinique ni une limite maximale de sécurité.

Un extrait standardisé est-il automatiquement cliniquement prouvé ?

Non. La standardisation décrit une composition contrôlée. Le niveau de preuve clinique dépend ensuite des études menées avec cet extrait précis.

La dose d’une étude est-elle la dose minimale efficace ?

Pas sans étude dose-réponse. Elle est d’abord la dose testée dans ce protocole.

Sources

À lire aussi

Magnésium bisglycinate et dose élémentaire · Safran 30 mg et standardisation · ExceptionHYAL® Star 200 mg · SkinAx²™ 150 mg · Céramosides™ 30 mg · Comment lire une étude clinique

Note de méthode : les chiffres de composition Eclo sont présentés selon la dose journalière des produits concernés. L’étiquette réglementaire du produit en vigueur reste la référence en cas d’évolution de formulation.

Dernière revue scientifique : 27 août 2026.