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Science & ingrédients

Oméga-3 : le gros chiffre sur la boîte n’est pas celui qu’il faut regarder

5 min de lecture
Dans cet article ↓
1 000 mg d’huile ne signifient pas 1 000 mg d’EPA + DHA. Voici les chiffres, formes et contrôles qu’il faut vraiment regarder sur un oméga-3.
Illustration sur les doses d’EPA et de DHA dans les oméga-3
En 30 secondes
  • 1 000 mg d'huile ne signifient pas 1 000 mg d'EPA + DHA. Pour comparer deux oméga-3, il faut commencer par les quantités réelles d'EPA et de DHA par dose quotidienne.
  • La forme lipidique peut modifier l'absorption, mais elle ne suffit pas à classer un produit. Dose, repas, concentration, stabilité et contrôles comptent aussi.
  • Un bon oméga-3 ne se résume pas à un gros chiffre sur le devant. Le vrai premium se lit souvent au dos de la boîte.

Vous êtes devant deux boîtes d'oméga-3.

Sur la première : 1 000 mg.

Sur la seconde : 600 mg.

Laquelle apporte le plus d'oméga-3 utiles ?

Impossible à savoir.

C'est exactement le petit piège de cette catégorie : le chiffre le plus visible est parfois celui qui vous aide le moins.

Premier réflexe : demander « 1 000 mg de quoi ? »

Une capsule peut contenir 1 000 mg d'huile sans contenir 1 000 mg d'EPA et de DHA.

EPA et DHA sont les deux acides gras oméga-3 à longue chaîne que l'on cherche généralement à quantifier. Le reste de l'huile peut contenir d'autres acides gras.

Pour comparer deux produits, cherchez donc trois lignes :

EPACombien de milligrammes par dose journalière ?
DHACombien de milligrammes par dose journalière ?
EPA + DHAQuel est l'apport total réel, et avec combien de capsules ?

C'est déjà beaucoup plus informatif que « 1 000 mg d'huile » écrit en grand.

EPA et DHA ne sont pas deux noms pour la même chose

Ils appartiennent à la même famille, mais leur structure diffère et ils n'ont pas exactement les mêmes rôles physiologiques.

Deux formules apportant la même quantité totale d'EPA + DHA peuvent donc avoir des profils très différents.

La question utile devient : combien de chacun, et pourquoi ce ratio ?

Le réflexe Eclo

Avant de comparer le prix ou le nombre de milligrammes sur la face avant, retournez la boîte. Si EPA et DHA ne sont pas clairement quantifiés par dose journalière, vous manquez déjà une information essentielle.

Deuxième niveau : sous quelle forme lipidique ?

EPA et DHA peuvent être apportés sous différentes formes, notamment triglycérides, triglycérides ré-estérifiés, esters éthyliques ou phospholipides.

Ces formes ne suivent pas exactement le même trajet digestif. Plusieurs essais humains ont donc comparé leur biodisponibilité.

En 2010, un essai chez 72 volontaires a observé, dans les conditions testées, une biodisponibilité supérieure avec des triglycérides ré-estérifiés et inférieure avec des esters éthyliques par rapport à une huile de poisson naturelle.

Mais un essai de 2015, avec des doses rapprochées d'EPA et de DHA, n'a pas trouvé de différence significative sur son critère principal entre huile de poisson en ester éthylique, triglycéride et huile de krill.

Donc non, une mention « triglycéride » ne permet pas à elle seule de couronner un gagnant.

Le repas peut changer le résultat

Les graisses alimentaires stimulent les mécanismes qui aident à digérer et absorber les lipides. La composition du repas peut donc modifier l'absorption de certaines formes d'oméga-3.

Dans une étude humaine classique comparant un repas pauvre et un repas riche en graisses, l'absorption de l'EPA et du DHA sous forme d'esters éthyliques augmentait nettement avec le repas riche en graisses.

C'est important quand une marque annonce « deux fois mieux absorbé ».

La suite de la phrase devrait être : comparé à quoi, à quelle dose, avec quel repas, et mesuré comment ?

Troisième niveau : la concentration et le nombre de capsules

Deux capsules de même taille peuvent apporter des quantités très différentes d'EPA + DHA.

Une huile plus concentrée peut permettre d'atteindre l'apport recherché avec moins de capsules.

Ce n'est pas seulement une question de confort. Une formule que l'on prend vraiment tous les jours a plus de chances d'être utile qu'une formule parfaite sur le papier abandonnée au bout de dix jours parce qu'elle impose six capsules et trois rappels.

Et puis il y a la qualité que l'on ne voit presque jamais : l'oxydation

EPA et DHA sont très insaturés. Cette structure les rend sensibles à l'oxydation.

Le secteur suit notamment l'indice de peroxyde, la valeur para-anisidine et le TOTOX pour évaluer l'état oxydatif d'une huile.

Le goût de poisson peut être un signal sensoriel, mais ce n'est pas un certificat d'analyse. Packaging, stockage, antioxydants, oxygène résiduel et stabilité du produit fini comptent aussi.

Autrement dit : une très bonne huile à l'entrée de l'usine peut devenir un produit moyen si sa stabilité est mal maîtrisée ensuite.

Sept questions à poser avant d'acheter

Combien d'EPA ?Par dose journalière, pas par litre d'huile.
Combien de DHA ?Le ratio entre les deux fait partie de la formulation.
Quelle forme ?Triglycéride, ester éthylique, phospholipide : utile à connaître, pas à idolâtrer.
Quelle concentration ?Combien de capsules faut-il réellement prendre ?
Quels contrôles ?Teneur réelle, contaminants, état oxydatif et stabilité.
Quel contexte de prise ?Le repas peut influencer l'absorption.
Quelle promesse ?Est-elle liée aux quantités réellement présentes et aux données disponibles ?

Le premium est souvent dans les petites lignes

Un gros chiffre est facile à photographier.

Une analyse de stabilité ou un contrôle d'oxydation beaucoup moins.

Mais quand on évalue un oméga-3, c'est souvent précisément là que se trouve la différence entre une formule séduisante et une formule réellement maîtrisée.

Avec les oméga-3, le bon réflexe n'est pas de chercher le plus gros nombre. C'est de comprendre ce que ce nombre mesure.
La méthode Eclo

Lire la formule avant le slogan.

EPA, DHA, forme, dose, stabilité : ce sont les mêmes questions que nous appliquons à tous les ingrédients du Journal. Un nom connu n'est jamais une excuse pour arrêter de regarder les détails.

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Sources

Dyerberg J. et al. (2010). Bioavailability of marine n-3 fatty acid formulations. Prostaglandins, Leukotrienes and Essential Fatty Acids.
PubMed, PMID 20638827

Neubronner J. et al. (2011). Enhanced increase of omega-3 index in response to long-term n-3 fatty acid supplementation from triacylglycerides versus ethyl esters. European Journal of Clinical Nutrition.
PubMed, PMID 21063431

Yurko-Mauro K. et al. (2015). Similar eicosapentaenoic acid and docosahexaenoic acid plasma levels achieved with fish oil or krill oil in a randomized double-blind four-week bioavailability study. Lipids in Health and Disease.
PubMed, PMID 26328782

Lawson L.D., Hughes B.G. (1988). Absorption of eicosapentaenoic acid and docosahexaenoic acid from fish oil triacylglycerols or fish oil ethyl esters co-ingested with a high-fat meal. Biochemical and Biophysical Research Communications.
PubMed, PMID 2847723

Albert B.B. et al. (2015). Fish oil supplements in New Zealand are highly oxidised and do not meet label content of n-3 PUFA. Scientific Reports.
PubMed, PMID 25604397

Bannenberg G. et al. (2017). Omega-3 Long-Chain Polyunsaturated Fatty Acid Content and Oxidation State of Fish Oil Supplements in New Zealand. Scientific Reports.
Consulter l'étude

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